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Équipe: GEPE (Groupe d'études sur le plurilinguisme européen)
Responsable : Dominique HUCK
Membres :
Présentation :
En raison de son histoire, le GEPE est une équipe pluridisciplinaire qui regroupe des chercheurs de différents domaines linguistiques et culturels. La sociolinguistique constitue, toutefois, son domaine de recherche central et le plurilinguisme le concept fédérateur de sa politique scientifique.
Composé de 16 enseignants-chercheurs titulaires, de 5 enseignants-chercheurs émérites et de 25 doctorants, il est à l’origine à la fois d’une production scientifique quantitativement non négligeable par l’abondance des articles, des chapitres d’ouvrages, ouvrages et revues publiés, mais aussi par les conférences, les communications et autres interventions produites par ses membres et d’une palette de centres d’intérêt relativement large.
Equipe de recherche d’adossement principale d’un master , le GEPE met l’accent sur la formation à et par la recherche en associant très étroitement des doctorants, voire des étudiants de Master 2 dans le cadre de leur TER, aux programmes de recherche dont le GEPE est l’un des acteurs, d’une part. D’autre part, le GEPE a mis en place plusieurs types de formation à et par la recherche : des séminaires réguliers (au moins mensuels) ; des journées de doctorants annuelles ; un atelier de lecture, organisé par les doctorants.
De par l’histoire ancienne et récente de Strasbourg et de l’Alsace, à la fois espace de contacts de langues et de cultures et espace d’implantation d’institutions européennes, il est assez naturel que la recherche s’intéresse à toutes les questions touchant au bi-/plurilinguisme et aux contacts de langues en général, aux politiques linguistiques (en particulier dans l’espace éducatif) et, de manière plus particulière, à différents aspects du terrain alsacien.
1. POLITIQUES LINGUISTIQUES
La recherche sur les politiques linguistiques a été une activité fondatrice du GEPE . Comme cela avait été annoncé dans le projet 2009-2012, ce sont des angles d’attaque singuliers et innovants qui ont été au centre du travail.
1.1. QUESTIONS THEORIQUES
1.1.1. ANALYSE DES PRATIQUES D’EVALUATION DES POLITIQUES LINGUISTIQUES
Les politiques linguistiques ont a été examinées sous un nouvel angle, celui de l’analyse des pratiques d’évaluation des politiques linguistiques par l’exploration des notions de « réussite » et d’« échec » des politiques linguistiques. L’analyse des pratiques utilisées pour l’évaluation des politiques linguistiques est apparue comme une entrée qui permettait de repérer ces différentes dimensions ou, du moins, d’en voir plusieurs à l’œuvre (cf. journées d’études du 1er juin 2007) .
1.1.2. DECRYPTAGE D’UNE POLITIQUE LINGUISTIQUE : PHASE EXPLORATOIRE
L’analyse des pratiques d’évaluation a mis en évidence les difficultés à décrypter les politiques linguistiques. C’est la raison pour laquelle il est apparu comme pertinent, à titre exploratoire, de concentrer l’attention sur le décryptage d’un seul exemple de politique, identifiable et conduit par une institution bien déterminée. Le choix s’est porté sur un outil d’aménagement linguistique parmi les plus connus et les plus répandus, le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), élaboré par une institution européenne, le Conseil de l’Europe. L’objectif résidait dans le fait de tenter le décryptage non seulement de l’outil qu’est le CECRL, mais aussi des politiques qui en font usage (Cf. journée d’études, 5 juin 2010 ).
D’autres questions, en particulier les catégorisations et dénominations en usage dans le champ de recherche constitué par les politiques linguistiques, seront revisitées et repensées à la lumière des travaux des vingt dernières années.
1.2. POLITIQUES LINGUISTIQUES ET SYSTEMES EDUCATIFS
1.2.1. LES POLITIQUES LINGUISTIQUES EDUCATIVES
1.2.1. LES POLITIQUES LINGUISTIQUES EDUCATIVES
Les travaux portent sur les politiques globales en Europe, mais aussi plus singulièrement sur des Etats en particulier comme la France ou l’Allemagne.
La recherche sur le terrain local, l’Alsace, a été poursuivie, notamment en ce qui concerne la promotion et/ou la diffusion du français et/ou de l’allemand, en lien avec des problématiques à la fois idéologiques (d’un point de vue plus historique) et des problématiques plus sociétales, dans une forme de contemporanéité.
1.2.2. LA GESTION DE LA DIVERSITE LINGUISTIQUE ET CULTURELLE DANS L’ESPACE SCOLAIRE FRANÇAIS
Cet aspect s’inscrit dans la continuité des travaux menés jusqu’à présent sur la gestion du plurilinguisme dans l'école française aujourd'hui. Les points d’intérêt concernent tout autant « le » français, en tant que langue de scolarisation, que les langues dites étrangères, régionales ou issues de l’immigration. Il s’agit surtout de mettre au jour les relations entre ces diverses catégories de langues à la fois dans les politiques linguistiques éducatives et dans la façon dont ces politiques sont traduites au niveau des pratiques dans les établissements.
Des journées d’étude (9 et 10 juin 2009), centrées de manière générique sur « Les langues des enfants issus de l’immigration dans le champ éducatif français », ont réinterrogé les « dénomination/catégorisation(s) de l’enfant étranger dans le système éducatif français » dans la mesure où elles renvoient à son/ses identité(s) et sa/ses langue(s) .
En écho à ces aspects, un groupe du GEPE travaille plus particulièrement sur les normes socio-langagières, la diversité et l’inégalité des compétences en Français Langue Seconde et « Français Usage Second ». Il cherche à contribuer à l’élaboration de catégories descriptives des expériences d’apprentissage du français langue étrangère et langue seconde, qui tiennent compte de la linguistique « populaire » (Paveau) et de la didactique vernaculaire des acteurs sociaux non universitaires.
1.2.3. L’ALLEMAND DANS L’ESPACE EDUCATIF ALSACIEN
L’une des particularités du plurilinguisme complexe réside dans le fait que l’une des variétés, l’allemand, est tantôt vue, politiquement et sociétalement, sous son angle endogène, c’est-à-dire comme langue « régionale », tantôt sous son angle exogène de proximité comme « langue du voisin » ou de l’« espace (trans-)frontalier ». Aussi les recherches rendent-elles compte à la fois du questionnement politique et éducatif de l’enseignement-apprentissage de l’allemand (en particulier dans le cursus bilingue paritaire) et des questions didactiques et pédagogiques que pose cet enseignement. Les travaux lient parfois les deux aspects, notamment dans les parts évaluatives.
Plusieurs projets européens et internationaux, en partenariat avec d’autres universités, labellisés ou non, auquel le GEPE est étroitement associé, vont poursuivre la réflexion sur le rapport des enfants aux langues à l’école. Par ailleurs, un projet porté par le GEPE va également s’intéresser concomitamment aux modalités et aux fonctionnements du FLE et de de l’allemand langue étrangère (DaF).
1.3. GESTION DU PLURILINGUISME DANS LES ENTREPRISES DANS LE CONTEXTE DE LA MONDIALISATION
Dans le cadre du programme européen Dylan (Dynamique des langues et gestion de la diversité, 6e programme cadre européen), plusieurs chercheurs ont mené, sous la responsabilité d’A. Bothorel-Witz, une recherche sur la gestion du plurilinguisme dans les entreprises à vocation internationale implantées en Alsace, durant cinq ans (2006-2011). Cette recherche consiste à aborder le plurilinguisme à travers les représentations et les traces qu’il laisse dans le discours (entretiens avec 22 acteurs dans cinq entreprises). Elle contribue aussi à examiner la place dévolue à l’anglais en France et en Europe.
Les entretiens transcrits de manière assez fine (et les collectes de matériaux langagiers et linguistiques) constituent le corpus de base, disponible pour les chercheurs poursuivant les travaux, à partir desquels l’analyse du discours des acteurs a pu être menée. Elle a pour objectif de saisir comment les pratiques et les compétences qui les sous-tendent s’articulent avec le traitement des langues (politiques/stratégies) dans le discours et de renseigner sur la place et la gestion du plurilinguisme dans les entreprises. C’est en effet cette tâche qui a été confiée à l’équipe strasbourgeoise par les responsables européens de Dylan.
Des articles, colloques, journées d’études, conférences invitées, manifestations de vulgarisation de la recherche, etc. rendent compte de la recherche en externe (qui se poursuit encore) ; cinq rapports (« delivrables ») rendent compte de la progression du travail en interne (résumés et/ou textes disponibles sur le site : www.dylan-project.org).
2. SPECIFICITES DU PLURILINGUISME EN REGION FRONTALIERE ALSACIENNE
Le terrain alsacien est au centre de la plupart des recherches portant sur le plurilinguisme complexe et le contact de langues aux statuts, aux fonctions, aux valeurs sociales et symboliques différentes.
- ASPECTS GENERAUX
D’autres travaux ont tenté d’approcher les langues et cultures régionales, notamment celles du champ alsacien, à travers leur mise en lien avec le développement économique. Ces premiers travaux se confrontent à la fois aux différences épistémologiques, théoriques et méthodologiques entre deux disciplines (sociolinguistique/économie), en montrent certaines limites, mais aussi et surtout les apports d’une telle collaboration.
Enfin, le champ des médias télévisuels est en train d’être défriché : l’une des questions, centrale pour la compréhension de la fonction de l’une des variétés en présence, la variété dialectale, a commencé à être explorée. En effet, par le biais de ce médium, c’est le rôle, la fonction et le sens des émissions en dialecte (vs le français) qui sont interrogés et, partant, le rôle et la fonction des dialectes lorsqu’ils ne sont pas utilisés dans des interactions directes par des usagers de cette variété.
- LA VILLE (STRASBOURG) COMME LIEU DE L’HETEROGENE ET DU PLURIEL (SOCIOLINGUISTIQUE URBAINE, LINGUISTIC LANDSCAPE)
Par ailleurs, un nouveau champ de recherche a pris de l’ampleur et a permis à un réseau, international, de chercheurs de se constituer pour élaborer et poursuivre des réflexions sur le paysage linguistique (au sens de Linguistic Landscape) de différents espaces urbains mondiaux. Plusieurs travaux ont été réalisés dans ce cadre, avec un important colloque international sur le Linguistic Landscape qui s’est déroulé à Strasbourg du 3 au 5 mai 2010.
- RESSOURCES
- Dans le cadre de sa thèse, P. Erhart est en train d’opérer, à partir des documents conservés par l’INA et en collaboration avec cette institution, un vaste travail de recensement et d’inventaire pour établir un corpus raisonné et exhaustif de certaines collections d’émissions télévisuelles dialectales de France 3. Il s’agit d’une base de travail nouvelle qui fournit un ensemble de situations d’interactions particulièrement intéressant.
- La collecte exhaustive de l’ensemble des affichages institutionnels et commerciaux bi-/plurilingues de la ville de Strasbourg effectuée par F.-X. Bogatto pour son travail doctoral fournit un corpus iconographique et linguistique unique.
3. CONTACTS DE CULTURES
L’axe de recherche « Contacts de culture » a été développé dans les directions annoncées lors de la détermination des perspectives scientifiques précédemment élaborées.
Des séances consacrées à l’évaluation des politiques culturelles en matière territoriale et à l’émergence de l’enseignement universitaire de ce qui est désigné comme ‘communication interculturelle’ (Hall, Hofstede…) ont permis de mettre en perspective et en analyse critique les concepts et les pratiques dans les domaines concernés. Culture et inter-culturalité se sont ensuite rejointes dans une analyse approfondie des relations artistiques franco-allemandes autour de 1900 à travers le prisme de la critique d’art. Dans le domaine du plurilinguisme littéraire, l’analyse des positionnements croisés de Hansi (volonté d’intégration totale de l’Alsace à la culture française et rejet de la langue allemande désignée comme torturée et prétentieuse) et de Tomi Ungerer (qui se joue des frontières) a bien fait appréhender la spécificité culturelle des ‘régions de contact’ et la difficile mais très riche position d’entre-deux qui la caractérise. Il en va d’ailleurs de même de la situation des migrants abordée cette fois dans une perspective contemporaine à l’occasion d’une analyse du débat autour du port du foulard islamique en Allemagne.
Enfin l’analyse des situations coloniales et postcoloniales et de leurs incidences culturelles s’est poursuivie dans la continuité immédiate de la journée d’études Hors champ (26.02.2007) par une analyse de la présentation de l’Exposition coloniale de 1931 dans le numéro spécial de L’Illustration et celle d’une des phases les plus significatives et problématiques à la charnière entre les périodes coloniale et postcoloniale : l’affirmation identitaire de la négritude .
Un programme de recherche pluridisciplinaire, hébergé à la Maison des Sciences de l’Homme – Alsace, a été agréé sous l’intitulé « Genèse et réception de l’architecture et des formes urbaines dans une région frontalière (1850-1950). Une histoire croisée franco-allemande », sous la co-responsabilité d’A. Kostka.
4. OUTILS DE TRADUCTION
C’est en associant des enseignants-chercheurs, des professionnels et d’autres enseignants en traduction dans une recherche commune destinée à améliorer et formaliser la traduction et l’enseignement de la traduction en général qu’a été construite une approche orientée sur la pratique traductionnelle et sur les liens entre théorie et pratique, entre traductologie et traductique .
La réflexion sur les « outils de traduction » est conduite à partir d’approches complémentaires, d’un point de vue aussi bien théorique que soucieux des applications pratiques envisageables.
Par le thème « Outils de traduction et traitement automatique du langage naturel », ce sont l’extraction d’information, l’alignement de corpus et les ontologies qui sont visés. Cette thématique fait l’objet de deux projets de recherche européens, l’un dans le cadre de CLARIN (Common Language Resources and Technology Infrastructure) (http://www.clarin.eu/full-proposal-bidding-page), par le biais du projet CAP (A Hierarchical Lexical Function related to Proper Nouns), l’autre dans le cadre de CLASSYN (financement Egide) en partenariat avec l’Institut für maschinelle Sprachverarbeitung de l’Université de Stuttgart pour une classification des documents textuels. Ces deux projets font l’objet d’une collaboration avec l’équipe Fonctionnements Discursifs.
Une réflexion sur les outils de traduction et l’environnement du traducteur a fait l’objet de journées d’étude (septembre 2008) dont les communications ont été publiées dans Les Cahiers du GEPE n°2 (http://www.cahiersdugepe.fr/index1011.php). Ces journées se sont attachées à montrer en quoi les outils de traduction aident le traducteur, en quoi ils le desservent.
Un colloque (23-25 juin 2010) avec, comme objet, « Traduction des normes et normes de traduction dans l’espace européen : institutions et entreprises » a poursuivi la réflexion initiée (cf. http://sites.google.com/site/outilstrad2/colloquedestrasbourg).
SYNTHESE
Pour renforcer la cohérence scientifique et thématique de l’équipe, qui pourrait constituer une de ses faiblesses, le GEPE a opéré plusieurs choix structurels et thématiques, qui apparaîtront dans son projet scientifique 2013-2017 :
- le groupe de recherche « Outils de traduction » a proposé de s’intégrer dans une autre équipe interne de l’U.R. , aux préoccupations scientifiques proches des siennes ;
- les travaux porteront de manière privilégiée, quelle que soit la sous-discipline considérée, sur des formes de minorations/majorations, d’une part, sur des objets qui ont partie liée avec la modernité dans les sociétés et/ou avec la mondialisation, d’autre part ;
- le GEPE procèdera à un resserrement des thématiques pour mieux intégrer les objets travaillés par les chercheurs en contacts de cultures, mais aussi et surtout pour accroître les synergies internes (contacts de langues et de cultures) autour de ces objets de recherche.
La venue de nouveaux enseignants-chercheurs ainsi que des réorientations de recherche de chercheurs présents ménageront, à l’avenir, une plus grande place à d’autres thématiques et à l’approfondissement ou à l’élargissement de thématiques déjà présentes ainsi qu’à la mise à disposition de nouvelles ressources, en particulier dans le champ de l’oralité, quelles que soient les langues.
